Les décisions prises lors d’une assemblée générale de copropriété peuvent avoir des conséquences importantes sur la gestion d’un immeuble, les travaux à réaliser ou encore les charges supportées par les copropriétaires. Lorsqu’un copropriétaire estime qu’une décision a été adoptée dans des conditions irrégulières ou qu’elle porte atteinte à ses droits, la question de sa contestation peut alors se poser.
Contester une décision d’assemblée générale de copropriété n’est toutefois pas une démarche automatique. Le droit de la copropriété prévoit des conditions précises concernant les personnes pouvant agir, les décisions susceptibles d’être contestées et les délais à respecter.
Dans quels cas une décision de copropriété peut-elle être contestée ?
Une assemblée générale doit respecter différentes règles concernant sa convocation, son déroulement et l’adoption des résolutions inscrites à l’ordre du jour.
Une irrégularité peut, selon les circonstances, justifier une contestation de la décision adoptée.
L’analyse doit cependant être réalisée à partir des documents de la copropriété et du déroulement concret de l’assemblée. Une simple opposition personnelle à une résolution ne suffit pas nécessairement à obtenir son annulation.
Les règles de vote doivent-elles être respectées ?
Chaque résolution doit être soumise à la majorité prévue par les règles applicables à la décision concernée.
Toutes les décisions ne sont donc pas adoptées selon les mêmes modalités de vote.
La majorité nécessaire peut notamment dépendre de la nature du projet ou de la décision soumise aux copropriétaires. Une erreur dans l’application des règles de majorité peut ainsi constituer un élément à examiner lorsqu’une résolution est contestée.
Qui peut contester une décision d’assemblée générale ?
Le droit de contester une décision d’assemblée générale n’est pas ouvert de la même manière à tous les copropriétaires.
La situation du copropriétaire au moment du vote et son comportement lors de l’assemblée doivent notamment être pris en considération.
La distinction entre les copropriétaires ayant voté contre une résolution, ceux qui se sont abstenus et ceux qui n’étaient pas présents peut avoir une importance dans l’analyse du recours.
Pourquoi le procès-verbal est-il important ?
Le procès-verbal de l’assemblée générale constitue un document essentiel pour déterminer les conditions dans lesquelles les résolutions ont été adoptées.
Il permet notamment d’identifier :
- les résolutions soumises au vote ;
- les résultats des votes ;
- les copropriétaires opposants ;
- les éventuelles réserves ;
- les décisions effectivement adoptées ;
- les informations relatives au déroulement de l’assemblée.
Avant d’envisager une procédure, il est donc indispensable d’examiner attentivement ce document.
Les problèmes de convocation peuvent-ils avoir des conséquences ?
La convocation de l’assemblée générale constitue une étape importante de la procédure.
Les copropriétaires doivent recevoir les informations nécessaires afin de pouvoir participer aux décisions collectives dans de bonnes conditions.
Selon la nature de l’irrégularité constatée, un problème concernant la convocation ou les documents communiqués peut soulever une difficulté juridique.
L’ordre du jour doit-il être respecté ?
Les copropriétaires doivent pouvoir connaître les questions qui seront soumises à leur vote.
L’ordre du jour permet notamment de préparer les débats et de disposer des informations nécessaires avant l’assemblée.
Lorsqu’une décision importante est adoptée alors que les copropriétaires n’ont pas été correctement informés de la question soumise au vote, les conditions dans lesquelles cette résolution a été prise doivent être examinées.
Quel délai pour contester une décision ?
Le délai constitue un élément essentiel du contentieux de la copropriété.
Une contestation ne peut pas être engagée indéfiniment après la tenue de l’assemblée générale. Le copropriétaire qui envisage une action doit donc identifier précisément la date de notification du procès-verbal et vérifier le délai applicable à sa situation.
Attendre avant de consulter un professionnel peut ainsi présenter un risque important.
Pourquoi la date de notification est-elle importante ?
La notification du procès-verbal permet notamment de déterminer le point de départ du délai dans lequel le recours doit être engagé.
Il est donc recommandé de conserver l’enveloppe, le courrier, le message électronique ou tout autre élément permettant d’établir les conditions et la date de réception du document.
Cette précaution peut devenir particulièrement importante lorsque la date limite pour agir est proche.
Quelles irrégularités peuvent être examinées ?
Les motifs de contestation peuvent être très différents selon le dossier.
L’analyse peut notamment porter sur :
- les conditions de convocation ;
- les informations communiquées aux copropriétaires ;
- l’ordre du jour ;
- les règles de majorité ;
- le déroulement du vote ;
- le décompte des voix ;
- le contenu de la résolution ;
- les mentions figurant dans le procès-verbal.
Toutes les irrégularités ne produisent cependant pas nécessairement les mêmes conséquences juridiques.
Peut-on contester une décision concernant des travaux ?
Les travaux constituent une source fréquente de désaccords au sein des copropriétés.
Ravalement, rénovation énergétique, modification des parties communes ou intervention affectant l’aspect extérieur de l’immeuble peuvent représenter des dépenses importantes pour les copropriétaires.
Une résolution autorisant des travaux peut donc être contestée lorsque les conditions juridiques de son adoption sont susceptibles d’être remises en cause.
Les travaux votés peuvent-ils commencer malgré une contestation ?
L’existence d’une contestation peut soulever des questions particulières lorsque les travaux doivent commencer rapidement.
Le copropriétaire qui souhaite empêcher ou suspendre leur réalisation doit alors déterminer quelles démarches peuvent être engagées et dans quelles conditions.
La stratégie dépend notamment de la nature de la décision, de son caractère exécutoire, de l’urgence et des conséquences susceptibles de résulter du commencement des travaux.
Que faire lorsqu’une résolution porte atteinte aux droits d’un copropriétaire ?
Une décision collective peut avoir des conséquences particulières pour un copropriétaire.
Cela peut notamment être le cas lorsqu’une résolution concerne l’utilisation des parties communes, la répartition de certaines dépenses ou la réalisation de travaux ayant une incidence directe sur un lot.
Il convient alors de distinguer un simple désaccord avec la décision collective d’une véritable irrégularité susceptible d’être juridiquement contestée.
Faut-il d’abord dialoguer avec le syndic ?
Dans certaines situations, un échange avec le syndic ou le conseil syndical peut permettre d’obtenir des explications sur une résolution.
Cette démarche peut également permettre de vérifier s’il existe une erreur matérielle dans le procès-verbal ou une incompréhension concernant le vote.
Elle ne doit toutefois pas conduire à laisser expirer le délai de recours applicable.
Lorsqu’une contestation sérieuse est envisagée, les délais doivent être surveillés indépendamment des discussions engagées avec les différents interlocuteurs de la copropriété.
Pourquoi analyser le règlement de copropriété ?
Le règlement de copropriété constitue un document essentiel pour comprendre les droits et obligations des copropriétaires.
Il peut notamment contenir des dispositions relatives à la destination de l’immeuble, à l’usage des lots et aux parties communes.
Dans certains litiges, son contenu doit être rapproché des décisions prises en assemblée générale afin de déterminer si celles-ci respectent les règles applicables.
Quels documents réunir avant une contestation ?
Un copropriétaire souhaitant faire analyser une décision peut réunir :
- la convocation à l’assemblée générale ;
- les documents annexés à la convocation ;
- le procès-verbal ;
- le règlement de copropriété ;
- l’état descriptif de division ;
- les échanges avec le syndic ;
- les éventuels devis ou rapports techniques ;
- les courriers adressés au syndic ;
- les documents permettant de déterminer la date de notification du procès-verbal.
Plus le dossier est complet, plus l’analyse de la décision peut être précise.
Quel rôle peut jouer l’avocat ?
Un contentieux de copropriété associe souvent des règles techniques, des documents nombreux et des délais stricts.
L’avocat peut examiner la résolution contestée, les conditions de convocation et de vote ainsi que les documents produits avant et après l’assemblée.
Il peut également déterminer si une action présente un intérêt au regard des enjeux du dossier.
Évaluer l’opportunité d’une procédure
Une contestation judiciaire représente une démarche qui doit être préparée.
Avant d’agir, il est notamment utile d’évaluer :
- la recevabilité du recours ;
- les arguments juridiquement exploitables ;
- les preuves disponibles ;
- les conséquences de l’annulation éventuelle ;
- les coûts et délais de la procédure ;
- les éventuelles solutions alternatives.
Cette analyse permet d’éviter d’engager une procédure uniquement sur la base d’un désaccord avec une décision collective.
Que se passe-t-il si la décision est annulée ?
Lorsque le juge fait droit à la contestation, les conséquences dépendent de la décision concernée et des circonstances du dossier.
L’annulation d’une résolution peut notamment avoir des répercussions sur les travaux, les dépenses ou les mesures adoptées par le syndicat des copropriétaires.
Lorsqu’une décision contestée a déjà produit des effets, la situation peut donc nécessiter une analyse complémentaire.
Pourquoi agir rapidement ?
Le contentieux de la copropriété est fortement marqué par les questions de délai.
Un copropriétaire qui estime qu’une décision doit être contestée doit donc réunir rapidement les documents nécessaires et faire examiner sa situation.
Cette réactivité permet notamment de vérifier la date de départ du délai et d’évaluer les différentes options avant qu’une action ne devienne impossible.
Contester une décision d’assemblée générale : une analyse nécessaire
La contestation d’une décision de copropriété ne doit pas être fondée uniquement sur le sentiment qu’une résolution est injuste ou défavorable.
Il faut déterminer si les règles applicables ont été respectées et si les conditions permettant d’engager une action sont réunies.
L’étude du procès-verbal, de la convocation, du règlement de copropriété et des documents communiqués aux copropriétaires constitue généralement une première étape indispensable.
À retenir
Lorsqu’un copropriétaire envisage de contester une décision d’assemblée générale, il est recommandé de :
- conserver la convocation et ses annexes ;
- récupérer le procès-verbal de l’assemblée ;
- vérifier les résultats du vote ;
- examiner les règles de majorité applicables ;
- consulter le règlement de copropriété ;
- conserver la preuve de la date de notification du procès-verbal ;
- identifier les éventuelles irrégularités ;
- vérifier rapidement le délai de recours ;
- faire analyser le dossier avant d’engager une procédure.
Une contestation peut concerner différents aspects d’une assemblée générale, mais son bien-fondé doit être apprécié au regard des circonstances précises du dossier et des règles applicables à la copropriété.
Vous souhaitez faire analyser une décision prise par une assemblée générale de copropriété ? Le Cabinet Chanut Avocats Associés peut vous accompagner dans l’examen de la décision, l’analyse des règles applicables et la défense de vos intérêts.




